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La contribution de la Vélorution sur le "projet" de ligne 2
dimanche 24 janvier 2010, par Vélorution Nancy
Voici le texte déposé par la Vélorution à l’enquête publique du "projet" de ligne 2 (signée et tamponnée par le commissaire enquêteur), et dans la boite aux lettres du maire de Nancy et du président de la CUGN... histoire que l’information circule...

ENQUETE D’UTILITE PUBLIQUE LIGNE 2 DE TRANSPORT EN COMMUN EN SITE PROPRE DE NANCY

AVIS de la VELORUTION du Grand Nancy

Rappel : entre 2005 et 2009, près de 1000 cyclistes (représentant plus de 5000 participations) se sont relayés pour exprimer, au fil des promenades cyclistes vélorutionnaires dans les rues du Grand Nancy, leur « ras-le-bol » d’une politique du « tout bagnole ».

Dans les cartons depuis presque 10 ans, ce projet de « Ligne 2 » jaillit de sa boite en juillet 2009 (vacances d’été) à travers un article paru dans l’Est-Républicain, puis en décembre pour annoncer l’enquête publique (du 15 décembre 2009 au 22 janvier 2010), à cheval cette fois sur les vacances de Noël. Tout ce qu’il faut pour donner raison aux mauvaises langues qui prétendent ne pas disposer du temps nécessaire pour en prendre connaissance, et allant jusqu’à imaginer que le projet de la ligne 2 est « ficelé » d’avance...

Pour nous, « Vélorutionnaires », ce projet n’est pas sans rappeler celui de la ligne 1 pour laquelle les citoyens et leurs associations, écartés jusqu’à l’enquête publique, se sont finalement massivement exprimés contre certaines aberrations, comme notamment le cruel manque d’intermodalité du projet, ou le choix du matériel roulant... ignorant évidemment que le contrat avec la firme « Bombardier » était déjà signé ! Nous n’avons pas oublié : Nancy ridiculisée dans la presse nationale et qui paie aujourd’hui encore un lourd tribut en termes de finances et de service rendu.

Dans ces conditions, il nous est difficile de revenir défendre ici, comme si de rien n’était, nos idées, nos souhaits, nos espoirs ; d’apporter une contribution éclairée par la pratique quotidienne de nos rues et exprimer nos rêves d’une citée plus agréable à vivre et en phase avec l’humain et les enfants, une ville moins bruyante, moins sale, moins polluée, moins dangereuse... Bref ! Moins braquée sur l’automobile et son empreinte démesurée dans l’espace urbain.

Nous participons à cette enquête publique en déplorant que les jeux soient faits et que la partie se déroule entre décideurs, industriels, techniciens et experts de tous bords. Sans rentrer dans les détails que nous laissons aux personnes « compétentes », nous livrons ci-dessous les principaux points que nous aurions souhaité défendre s’il y avait eu ne serait-ce qu’un soupçon de démocratie participative en amont de cette enquête publique.

Cependant, s’agissant de l’argent public, les Vélorutionnaires seront présents à toutes les étapes de la réalisation de ce projet pour bloquer chaque chantier qui ne répondra pas à l’intérêt d’un espace public partagé entre tous.

PROPOSITIONS

Si les Vélorutionnaires saluent au passage quelques points positifs de ce projet de ligne 2, ils souhaitent néanmoins en dénoncer deux anomalies de taille :

1. Le manque de prise en compte des cyclistes sur son parcours ;

2. L’absence de volonté en faveur d’un meilleur partage de l’espace qu’illustre une scandaleuse « incitation » à venir en ville avec sa voiture.

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1. LA PLACE DES CYCLISTES

Règles générales :

La Loi n°96-1236 du 30/12/96 sur l’air et l’utilisation rationnelle de l’énergie prévoit dans son article 20 : « à l’occasion des réalisations ou des rénovations des voies urbaines, à l’exception des autoroutes et voies rapides, doivent être mis au point des itinéraires cyclables pourvus d’aménagements sous forme de pistes, marquages au sol ou couloirs indépendants, en fonction des besoins et contraintes de la circulation ». Lors des travaux de la ligne 1, la « Vélorution » n’existait pas à Nancy. Aujourd’hui, elle est là pour rappeler aux élus qu’ils ne feront plus impunément n’importe quoi !

-  Les cyclistes doivent disposer d’un site propre ou du partage d’un site propre avec les Transports en Commun. Si cela n’est pas techniquement possible après avoir épuisé toutes les solutions (ex : suppression de lignes de stationnement automobile en bordure de chaussée), on peut imaginer pour eux un circuit parallèle en concertation avec les associations. Dans ce cas l’itinéraire cyclable parallèle, doit être cohérent, continu,, sécurisé, et éclairé.

-  Lorsque les cyclistes sont mêlés à la circulation automobile, celle-ci doit se trouver en Zone 30. La récente implantation de ces zones en centre-ville démontre qu’il ne suffit pas d’ériger un panneau pour instaurer une zone 30. Pour être respectée, elle doit avoir la configuration d’une zone 30, à savoir présenter les conditions de cohabitation des usagers de l’espace public et s’accompagner d’aménagements simples mais efficaces (chicanes, ralentisseurs, contre-sens cyclables, etc.), pour signifier aux automobilistes qu’ils ne sont plus prioritaires (voir exemples à Chambéry, fruit d’une réelle politique de déplacement), avec notamment la généralisation des SAS à vélos aux feux des carrefours.

Quelques cas particuliers :

1) Prenons l’exemple de la traversée de Jarville, où la mise en site propre n’est techniquement pas possible : les cyclistes seraient relégués sur la voie verte longeant le canal ! Cette option est simplement irréfléchie et dangereuse (essayez donc d’y passer de nuit, sur un itinéraire sans éclairage et avec, par endroit le canal en contrebas sans protection ou barrières !). Sur ce tronçon, il faut mettre en place un autre itinéraire : du parking-relais au dépôt de bus (en passant par le quartier de la Californie), par la rue Gabriel Fauré. L’intérêt de cette implantation est qu’elle sera reliée au réseau existant : Piste cyclable (dite rouge) vers Nancy (Boulevard Jean Moulin) et piste cyclable vers Tomblaine, Boulevard du millénaire (Pont bleu).

2) Les zones à forte déclivité pour accéder aux équipements de Gentilly (piscine, salle de sport,...), à la Sapinière ou au plateau de Haye, doivent être prises en compte avec notamment la possibilité pour les cyclistes de prendre le bus avec un vélo (y compris aux heures de pointe) ou de disposer dans les montées d’un système de remorque ou d’accroche-vélos adapté. Ainsi, cet accès aux vélos à bord du tram (ligne 1) devra être autorisé pour une cohérence sur l’ensemble du réseau Stan...

3) La traversée du Parc du château de Montaigu (une propriété de la CUGN) : pour permettre de désenclaver le quartier de Montaigu (Jarville + Laneuville) et au delà, Heillecourt voire Fléville, c’est le moment d’autoriser la traversée du parc aux cyclistes.

4) L’offre de stationnement vélos doit favoriser l’inter-modalité avec des arceaux à vélos suffisamment nombreux, et à plusieurs endroits des parkings abrités et sécurisés (ce qui est possible pour des vélostanlib’ doit l’être pour le vélo de chaque citoyen... comme à Strasbourg, Grenoble etc.).

5) Itinéraires alternatifs pour les cyclistes (et les piétons) pendant les travaux. Dans un souci de sécurité, la Vélorution demande qu’une projection des aménagements cyclables à chaque étape des travaux soit cartographiée, et soumise au débat avec les associations concernées, et ce, AVANT LE DEBUT DE TOUS TRAVAUX.

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2. LA PLACE DE L’AUTOMOBILE

Règles générales :

Les Vélorutionaires souhaitent des aménagements cyclables sécurisés et continus pour permettre à l’échelle de l’agglomération une couverture de déplacements à vélo qui favorise et incite l’usage de ce mode de déplacement. Ce débat ne peut se concevoir sans mettre sur le tapis la suprématie de l’automobile. Partant du principe que l’espace public de la voirie n’est pas extensible, celui dévolu aux Transports publics sera forcément pris sur l’espace des automobilistes, des cyclistes, des piétons ou des arbres... Or depuis presque 10 ans, les cyclistes nancéiens souffrent d’une politique qui refuse de toucher à la suprématie automobile, renvoyant dos à dos les piétons et les autres modes de déplacement doux.

Selon son emplacement, un Parking-relais peut être un parking dit « de dissuasion » s’il est loin du centre-ville ou un parking « d’incitation » s’il est proche du centre ville. L’absence, dans le projet de Ligne 2, d’un Parking au terminus de la « Sapinière » au profit de deux Parkings relais en centre-ville (Place Godefroy de Bouillon, Palais des congrès) donne le ton. Dans la foulée, ce projet prévoit sans état d’âme la destruction du square Godefroy de Bouillon actuel et de sa flore, laissant craindre le pire pour l’avenir des alignements arborés actuellement sur le parcours du projet...

Quelques cas particuliers :

1) Redéfinition des terminus et des parkings-relais.

-  Abandon du Parking-relais « Square Godefroy de Bouillon ». Prévu à 350 mètres de la gare, en plein centre-ville, cet ouvrage repose sur la promesse de faciliter le stationnement des riverains de la Ligne 2. C’est oublier que la réussite d’un parking-relais (un vrai, situé en marge de l’agglo) libère autant de places en centre-ville au profit des riverains de la ligne desservie. Les habitants du quartier réunis en association pour défendre le square et ses arbres centenaires, ne sont pas tombés dans le panneau et contestent l’intégralité du projet : « C’est comme si on avait mis le parking relais de Brabois (ligne 1) sous le pont Kennedy... » De plus, un parking place Godefroy de Bouillon à 100 mètres de la fac de lettres sciences humaines : est-ce cela favoriser des modes de déplacements alternatifs à la voiture individuelle, en l’occurrence auprès d’un public jeune ? Nous exigeons l’abandon de ce projet et la préservation et mise en valeur du square par une amélioration de son accès.

-  Abandon du Parking prévu pour le Palais des congrès. Nouvelle incitation à l’usage de l’automobile : il n’y a aucune raison d’encourager les visiteurs du futur Palais des congrès (dont beaucoup viendront d’ailleurs par le train...) à déroger à l’usage des parkings-relais de périphérie.

-  Création d’un Parking-relais au niveau Champ-le-Bœuf / Sapinière, en marge de l’agglomération, à l’instar de la ligne 1.

2) Transfert de l’offre de stationnement.

-  L’offre de stationnement doit répondre à une logique : si la réduction de l’usage de l’automobile (prévue dans les textes) passe par la réduction de l’offre de stationnement au profit des autres modes de déplacement, les Vélorutionaires demandent qu’à chaque place de stationnement offerte en Parking-relais en périphérie d’agglomération corresponde la suppression d’une place de parking en centre-ville.

3) Maintien des alignements d’arbres sur le tracé de la ligne 2.

-  Lors des travaux de la ligne 1, plus de 400 arbres ont été abattus sur son parcours pour simplifier et réduire les coûts (pour placer un rail de guidage par ligne et simplifier l’accroche des lignes électrifiées). Il faut que le mobilier urbain (acier et béton) s’adapte à la présence des arbres (êtres vivants) et non le contraire ! Cette demande doit être garantie et inscrite dans le cahier des charges soumis au maître d’œuvre. Diagnostiquer comme malades les arbres que l’on projette d’abattre n’est plus un argument acceptable.

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C’est à ces conditions, rappelées par la Vélorution, que l’agglomération nancéienne s’inscrira dans une perspective de mobilité durable, et que les décideurs pourront nous « faire aimer la vi(ll)e » dans un climat social apaisé.

LES AMENAGEMENTS CYCLABLES : C’EST PAS OBLIGATOIRE, C’EST JUSTE INDISPENSABLE !

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