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La réponse de vélorution Limoges à la blague de la Communauté d’agglo
dimanche 20 juin 2010, par Vélorution Limoges
En date du 30/01/2010

Limoges, le 30 janvier 2010

Monsieur Le Maire et Monsieur le vice-président de la Cté d’Agglomération Limoges-Métropole

Nous accusons réception de votre courrier. Comme vous vous en doutez, votre réponse ne nous convient pas. À aucun moment, vous ne faites preuve d’esprit critique sur ce qui est en place actuellement, et, pire, vous ne vous projetez aucunement dans le futur, en essayant de penser un « Limoges durable ». Nous allons procéder de la même manière que vous, en reprenant point par point votre « réponse », qui s’apparente plus à une attitude archi-défensive, qu’à une remise en cause d’au moins quelques-unes de vos actions passées en défaveur du vélo.

Nous allons, bien entendu, débuter par le thème qui vous semble si cher (7 occurrences sur 5 paragraphes développant des idées) : le schéma directeur des vélos. Vous semblez, tout au long de cette lettre, fier de ce « schéma directeur des vélos » et de ces 30km d’itinéraires cyclables. Ces itinéraires ne sont pas du tout satisfaisants ! Au moins leurs mises en œuvre n’ont pas du être trop contraignante, tant d’un point de vue humain qu’économique ! Ce que vous avez fait s’apparente de façon littérale a du greenwashing : vous avez peint un vélo sur quasiment chaque bout de route ou de trottoir de la ville. Vélo qui s’efface déjà, entraînant encore plus la confusion chez tout le monde : les cyclistes (« Suis-je sur une piste cyclable »), les piétons (« Mais que fait ce vélo sur le trottoir, c’est interdit ! ») et les voitures, ni incitatifs (« Mais que fait ce vélo sur ma route ! »). Ils ne sont, en effet, ni sécurisants (les cyclistes Limougeauds ont franchement peur - Cf. les différents témoignages lors de nos manifestations, collectés via des questionnaires que nous distribuons). Nous demandons, de fait, de vraies pistes cyclables à savoir : des chaussées exclusivement réservées aux cycles à deux ou trois roues (donc séparées de la circulation automobile). Cette piste peut être « au niveau de la chaussée », « au niveau du trottoir », unidirectionnelle ou bidirectionnelle (Sauf exception : arrêté municipal, elle est interdite aux cyclomoteurs). Petit rappel en ces temps de neige sur Limoges, la logique (et peut être la loi) exigerait que pour la sécurité de tous si des pistes cyclables se trouvaient sur les trottoirs, au même titre que les routes pour automobiles sont dégagées, nos pistes cyclables devraient l’être aussi.

Ensuite, nous relevons une contradiction dans votre texte. Une contradiction qui nous rappelle certaines positions d’hommes politiques prêchant un discours tout en prônant son contraire. Vous dites que le vélo se développe (2ème paragraphe) à Limoges, qu’il y a de plus en plus de cyclistes, puis quelques lignes plus loin (7ème paragraphe) que le jour où il y aura beaucoup de cyclistes, vous ferez des pistes sécurisées. Ces deux phrases se passent de commentaires, vous exprimez clairement une chose et son contraire en l’espace de quelques lignes. Si vous preniez le temps d’aménager la ville afin que cyclistes et piétons se sentent en sécurité pour se déplacer, vous dynamiseriez le centre-ville ! Les gens se rendraient dans les commerces de proximité, au lieu de s’enfermer dans leur voiture pour aller s’enfermer dans des centres commerciaux sans ciel. Moins de voitures circuleraient également dans le centre, améliorant le cadre de vie et du même coup la qualité de vie de vos concitoyens : moins de pollution, moins de bruit, moins de stress, moins d’accidents, etc.

Vous souhaitez également améliorer l’interconnexion des villes de l’agglomération. Très bien. Mais avant de penser à faire quelque chose de cohérent pour l’agglomération, pensez à faire quelque chose de cohérent pour Limoges (Les exemples sont nombreux et divers : Carrefour des Arcades, Rue Théodore Bac, Carrefour Rue de la Porcelaine, etc.). De plus, travailler sur l’interconnexion ne vous empêche pas de travailler sur Limoges, comme vous le sous-entendez dans votre courrier ! En ce qui concerne la mesure du code de la rue, que vous êtes, effectivement, obligés de mettre en œuvre pour juin 2010, vous n’allez pas plus loin que ce que prévoit la loi. Pourquoi ne pas profiter de celle-ci afin de revoir la vie en ville ? Nous pensons notamment à la revue des pistes cyclables, mais également à une vision plus globale de la ville. Par exemple, mettre en place des lieux d’échanges et de vie pour les Limougeauds : aménagement de nouvelles rues piétonnes ou semi-piétonnes (Cf proposition de notre première lettre entre la place des Bancs et Place de la Motte), réaménagement de certaines places publiques ou espaces urbains avec notamment plus de bancs publics (quasiment inexistant dans notre ville !). Cela corrobore ce que nous ressentions : vous avez une vision de la ville au jour le jour, sans jamais vous projeter dans l’avenir, alors qu’on ne cesse de nous parler de durabilité : penser durable, à long terme, pour l’avenir de la Planète. C’est bien dommage.

Ensuite, nous arrivons aux parcs à vélos. Un immense moment ! Vous semblez, de nouveau, fier de vos 25 parcs à vélos pour une ville de 140 000 habitants. Avec une moyenne de 5 emplacements par parcs (et encore nous sommes gentils !), on se retrouve avec 125 places pour garer des vélos. Nous sommes d’accord pour dire que tous les Limougeauds ne sont pas cyclistes. Il y a quand même un défaut dans l’énoncé, nous semble-t-il... 0,001 place de vélo par habitant, combien de places de parking pour les voitures ? D’autant que les parkings à vélo sont bien souvent confisqués par des mobylettes ou motos.

Vous-même semblez voir plus de vélos dans les rues de notre ville. Or, faire du vélo, c’est être un citoyen responsable qui réfute l’idée de polluer toute la population pour son unique confort personnel. Dans une période où l’on commence à ressentir les effets des pollutions en tout genre, des émissions des gaz à effet de serre, des changements climatiques, il semble urgent d’aider ces citoyens qui essaient d’avoir une démarche responsable. Que fait d’ailleurs Limoges pour encourager la baisse de l’utilisation des véhicules polluants et favoriser l’utilisation de moyens de transport doux ?

Pour clore cette réponse, nous vous invitons, quand bon vous semble à venir faire une balade à vélo avec nous. Vous verrez, de cette manière, comme c’est agréable de se faire insulter par des automobilistes parce qu’ils pensent qu’on leur vole leur route, par des piétons (légitimement) lorsqu’on leur vole leur trottoir, et également les difficultés que nous rencontrons au quotidien (pour se garer, pour circuler quand des voitures vous frôlent,...). Vous comprendrez peut-être pourquoi nous pensons que vos équipements, dont vous semblez si fier, ne sont vraiment pas suffisants.

Contrairement à vous, nous possédons quelques manières. Nous vous prions donc d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de nos sentiments les meilleurs.

Vélorution Limoges

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