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Intervention de Charlotte Nenner, en débat de consiel de Paris

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Vous trouverez ci-dessous le texte de son intervention, lors du débat en conseil de Paris sur cette question.


Conseil de Paris 12 et 13 février 2007

Intervention Charlotte Nenner

Marché des vélos en libre service et panneaux publicitaires

Ce n’est pas qu’un marché de vélos en libre service. c’est aussi un marché pour les panneaux publicitaires. J’ai toujours dit que lier la publicité et le marché des vélos en libre service n’était pas une bonne idée. Je l’ai dit à l’occasion de l’examen de la délibération de lancement du dialogue compétitif ; puis en mai, à la publication du rapport de la chambre régionale des compte concernant les mobilers urbains ; je l’ai redit quand JCDecaux a gagné son recours préventif à l’automne dernier.

Ce marché nous pose plusieurs problèmes :

1 : un problème d’ordre démocratique : en effet, ce marché est issu d’un dialogue compétitif, ce qui fait que cahier des charges a été bâti avec les entreprises, sans aucune validation avec les élus. Si bien que nous découvrons maintenant plusieurs points du marché qui posent problème et qui sont pour nous des nouveautés. Nous n’avons aucune possibilités d’amendement.

2 : un problème sur la question de la publicité : en effet, si on peut se réjouir de la baisse de 20% des panneaux d’affichage, cela va avec plusieurs contreparties : la principale est que tous les panneaux, y compris ceux de 2m² seront déroulants, entérinant ainsi en fait, un doublement du nombre d’affiches publicitaires (après un bref clacul, cela fait 60% d’affiches publicitaires en plus).

Ces dispositifs déroulants sont aussi faits pour attirer l’oeil des passants augmentant le harcèlement publicitaire. C’est d’ailleurs ce qui est pratiqué par la RATP sur les panneaux en sortie de métro. Ces panneaux sont déroulants mais souvent il s’agit de la même affiche. On comprend l’intérêt d’avoir une affiche qui bouge plutôt qu’une affiche statique. D’autre part, le problème des panneaux déroulants est qu’ils consomment évidemment plus d’énergie, même si quelques efforts ont été faits.

Enfin, nous avions voté un amendement au conseil de Paris, pour intégrer dans le marché, un contrôle préalable des contenus des affiches publicitaires, plus exactement il s’agissant de l’intégration des "règles déontologiques appliquées au contenu des publicités, sur le modèle des règles proposées par le BVP". Or dans le contrat, il n’est plus fait mention de ce point, anéantissant l’avancée qu’on aurait pu avoir. Je vous renvoies par ailleurs au voeu que je co-signe avec ma collègue Anne Le Strat, concernant les affiches apposées sur le domaine public et qui pourraient venir en totale contradiction avec la politique de la municipalité. Ainsi sur les panneaux MUPI implantés sur les trottoirs parisiens, rien n’empeche la diffusion des publicités pour une eau en bouteille qui dénigre ouvertement l’eau du robinet. Alors que la RATP et Metrobus ne se gènent pas pour ne pas afficher dans le métro des publicités trop choquantes à leur goût.

3 : lier la publicité et les vélos en libre service pose un problème de principe, puisque cela fait dépendre un service public des revenus de la publicité. Cela nous lie un peu plus aux afficheurs publicitaires qui peu à peu gagnent le terrain du mobilier urbain et ici des vélos. Cela pose le problème de l’exclusion d’autres acteurs - et je pense en particulier à ceux de l’économie sociale et solidaire - qui auraient pu répondre sur la partie vélo, mais qui sont forcément incompétents sur les affiches publicitaires. Ainsi l’agglomération d’Orléans vient de choisir EFFIA, une filiale SNCF, pour lancer en juin 2007 ses vélos en librer service. Il ne s’agit que de vélos, sans panneaux de publicité, c’est pourquoi ni Decaux ni clearchannel n’ont soumissionné. Cerise sur le gateau, les vélos d’Orélans pèseront 16 kg, alors que les parisiens feront plus de 22 kg. Comme quoi il est possible de faire sans publicité.

4 : enfin cette liaison publicité / vélo comporte un risque juridique majeur, puisqu’il y a déjà un recours précentif qui a fait retarder de beaucoup la procédure. Un deuxième recours a été lancé. On peut supposer que dans ces cas-là, il n’y a pas de mauvais perdants et que cela va enrichir des avocats, mais ceci au détriment du service public et du calendrier. Ceci repose aussi sur une tartufferie, qui consiste à faire croire aux gens que les vélos sont le cadeau consenti par JCDecaux. Non ils ne sont pas gratuits, ils sont payés par la publicité, grâce à des revenus qui seraient sinon reversés à la Ville. En terme de finances, il est équivalent de faire des marchés séparés.

Finalement, parce que les Verts sont convaincus de l’importance du développement du vélo en général et des vélos en librer service en particulier, nous voterons cette délibération. A titre personnel, en tant que militante antipublicitaire et cycliste, je m’abstiendrai. Je ferai néanmoins tout pour que la mise en oeuvre se passe dans de bonnes consitions et le plus rapidement possible, mais si je suis plutôt pessimiste sur ce point.

3,4,5 et 6 juillet: Vélorution universelle à Grenoble!

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