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Prochain
rendez-vous:
samedi 7 août 2004
à 14h place du Châtelet
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Paris, le 30 mars 2004
Lettre ouverte à Bertrand Delanoë, Maire de Paris
Bertrand Delanoë, changez de braquet !
Une campagne au slogan explicite ("changer d'ère"), un
contrat de mandature clair : Monsieur le Maire de Paris, vous vous êtes
engagé. Engagé à placer votre mandature sous le signe
du combat contre lenvahissement des voitures, engagé à
développer les transports en commun, engagé à donner
leur place aux cyclistes, engagé à civiliser les grands
axes de transit, engagé à permettre aux quartiers de vivre
tranquilles, sans bouchons ni pollution
Des réalisations
emblématiques, comme la mise en site propre des couloirs bus sur
le boulevard Sébastopol, la rue de Rivoli ou le boulevard Saint
Germain, vinrent vite illustrer cette volonté politique. Les sondages
montrèrent lapprobation par les Parisiens dune politique
perçue comme avant-gardiste. Mais aujourdhui parvenue à
mi-mandat, la municipalité semble avoir oublié ses promesses,
tandis que certains médias compatissants se font le relais de Parisiens
à moteur qui seraient en rage contre la politique soi-disant rétrograde
du maire et de ses ayatollahs verts .
On serait assourdi par les plaintes dautomobilistes, victimes de
voies de bus qui ne seraient bonnes quà provoquer des bouchons,
de riverains et commerçants excédés par d'immondes
pistes cyclables supprimant des places de stationnement. Les pauvres Franciliens
seraient nouvellement condamnés à des heures d'embouteillages
pour pénétrer dans la capitale
Tous se coaliseraient
contre un Bertrand Delanoë pourfendeur tyrannique des automobilistes.
Mais, Monsieur le Maire, vous êtes victime dune injustice,
car ceux qui vous taxent de fanatisme anti-voiture se trompent grandement.
Les adeptes des deux roues sans moteur ou des transports en commun sont
stupéfaits dapprendre que désormais à Paris
la voiture est une espèce menacée !
Demi-mandat, demi-mesures
La dure réalité des faits et des chiffres montre clairement
qu'au contraire, en matière de transport, la nouvelle municipalité
n'a adopté, en un demi-mandat, que des demi-mesures.
Voies de bus multipliées ? En 2001, la ville avait annoncé
41 kilomètres de voies de bus élargies dans l'année.
À peine plus de la moitié ont été réalisés
trois ans plus tard. La mise en service dun tramway sur une portion
du boulevard des maréchaux ne suffira pas à elle seule.
Piétons, cyclistes et rollers privilégiés ? Laccord
de mandature PS-Verts promettait la mise en place du Réseau Vert
: un réseau de rues sans voitures, selon le principe de deux axes
est-ouest et nord-sud dans chaque arrondissement, reliés entre
eux et maillant tout Paris. Le projet est toujours dans les limbes. Seul
un axe expérimental la Villette - Notre-Dame est envisagé
sous une forme qui laisse trop de place à la voiture. Certes, certains
commerçants refusent la suppression de la circulation le long de
leurs vitrines. Mais les quartiers sans voiture ne sont pas des quartiers
morts ! Les cyclistes et les piétons ont aussi un pouvoir dachat
! Une rue commerçante sans voiture est bien plus attractive quune
voie bouchée et irrespirable.
Le réseau de pistes cyclables étendu ? Denis Baupin avait
promis de multiplier par quatre les 163 kilomètres de pistes alors
existants (1). Aucun kilomètre na été ajouté
en 2001, un seul en 2002 et dix en 2003.
Six Maisons Roue Libres (2) devaient être en service
au plus tard en septembre dernier, cinquante contresens cyclables devaient
être réalisés en 2003. Rien de cela na été
fait.
Votre équipe se targue d'avoir fait baisser la circulation automobile
de 3 % par an. Mais cette baisse était amorcée dès
1995 ! Paris est finalement dans le peloton de queue des villes cyclables.
60 % de la chaussée reste toujours occupée par des voitures
en stationnement et 35 % par des voitures en circulation. Les bus occupent
5 % de lespace, quant aux vélos, la largeur de leurs pneus
nest même pas quantifiable
Sous Paris-Plage, le bitume
!
Demi-mesures, grogne générale.
Nous voici donc face à un paradoxe : votre équipe, Monsieur
le Maire, est accusée de rendre la vie impossible aux automobilistes,
pour certains contraints dutiliser leur véhicule, alors que
vos mesures sont loin de satisfaire les non-automobilistes, majoritaires
à Paris. À faire dans la demi-mesure, nallez-vous
pas finir par vous attirer les foudres des uns comme des autres ? Certes,
cette frilosité peut sexpliquer en partie par les mouvements
de résistance au-delà des commerçants déjà
évoqués à lencontre dune politique
plus volontariste. Les architectes des Bâtiments de France sopposent
à tout réaménagement de la voirie pour défendre
lordonnancement haussmanien. Comme si la transformation de Paris
en autoroute cadrait mieux avec les plans du baron ! Le préfet
de police freine tous les projets sur les axes qui sont de son ressort.
LEtat majoritaire au sein du syndicat des transports dIle
de France bloque les projets de lignes inter-banlieues ou les augmentations
de fréquence. Pourtant, plutôt que daccuser le maire
de Paris de favoriser une fantasmatique population de bobos qui toiseraient
du haut de leur trottinette le peuple de la banlieue à quatre roues,
la question est bien de revoir les connexions Paris-banlieue et banlieue-banlieue
si lon veut de nouveau pouvoir respirer à Paris et en banlieue.
Il faut donner la possibilité aux travailleurs pendulaires de choisir
autre chose que le déplacement en voiture.
Le temps du sprint
Léquipe municipale actuelle a été élue
pour limiter la place de la voiture. Tous les sondages montrent que les
parisiens mais aussi les banlieusards soutiennent toujours
cette option. La mairie de Paris doit oser être conséquente,
elle peut pour cela sappuyer sur une population touchée par
les maladies respiratoires, excédée de voir lespace
public envahi, saoulée des nuisances sonores, effarée des
dangers de la route. La voiture continue de provoquer plus de 70 morts
et 600 blessés graves en moyenne chaque année dans Paris
Intra-Muros. Elle est source, avec les autres modes de transport polluants,
de 40 % des émissions de CO2. La mairie sest engagée
au retour du sommet de Johannesburg à réduire les émissions
parisiennes de gaz à effet de serre, mais certaines villes de province
comme Rennes, Grenoble, Chalon-sur-Saône ou Nantes sont bien plus
avancées dans ce domaine. Sans parler des exemples de certaines
villes étrangères.
Monsieur le Maire, si votre bilan apparaît décevant, cest
quil contraste avec vos annonces triomphales. Il est temps de changer
de braquet pour tenir les engagements qui feront de Paris un modèle
en Europe plutôt quun repoussoir pour des habitants asphyxiés,
des touristes dégoûtés et des hommes d'affaires étrangers
effarés par notre circulation et notre pollution.
Monsieur, le Maire, il vous reste trois ans pour arrêter de mouliner.
Un demi-mandat pour mettre les bouchées doubles.
Claude Bascompte, Les Amis de la Terre - Paris
Nicolas Carnoz , Vélorution
Abel Guggenheim, Quatre mètres cinquante
Camille Lalande, Mieux se déplacer à Bicyclette (MDB)
Marie-Thérèse Pagel, Association Réseau Vert
Philippe Quirion, Réseau Action Climat France
Michèle Rivasi, Greenpeace France
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1- Interview au Figaro Madame du 23/08/2001.
2- Lieu de location, service et information aux cyclistes.
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